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fr.misc.droit.internet Problèmes juridiques en rapport avec l'Internet.

Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées

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Vieux 15/03/2006, 18h20   #1
Charlie
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Par défaut Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées

Mercredi 15 mars, en fin d'après-midi, les dispositions des articles 7
et 8, qui légitiment les mesures techniques de protection (DRM), ont
également été adoptées. Aucun des amendements de l'opposition les
concernant n'ont été acceptés, malgré le soutien de certains députés
UMP, comme Christine Boutin ou Alain Suguenot. À 18 heures, les députés
entamaient la discussion de l'amendement 9, censé créer un collège de
médiateurs chargé de définir le nombre de copies autorisées via ces DRM.
Avec une question cruciale: faut-il permettre ou non la copie des DVD?

Source : http://www.zdnet.fr/actualites/inter...9330939,00.htm
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Vieux 15/03/2006, 20h56   #2
fiLou
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Par défaut Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées

Charlie a écrit :
> Mercredi 15 mars, en fin d'après-midi, les dispositions des articles 7 et 8,
> qui légitiment les mesures techniques de protection (DRM), ont également été
> adoptées. Aucun des amendements de l'opposition les concernant n'ont été
> acceptés, malgré le soutien de certains députés UMP, comme Christine Boutin
> ou Alain Suguenot. À 18 heures, les députés entamaient la discussion de
> l'amendement 9, censé créer un collège de médiateurs chargé de définir le
> nombre de copies autorisées via ces DRM. Avec une question cruciale: faut-il
> permettre ou non la copie des DVD?
>
> Source : http://www.zdnet.fr/actualites/inter...9330939,00.htm


Nombre de copies = zéro. Donc c'est interdiction de copier un DVD.


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Vieux 16/03/2006, 02h28   #3
R.V. Gronoff
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Par défaut Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées

fiLou a écrit :
> Charlie a écrit :
>> Mercredi 15 mars, en fin d'après-midi, les dispositions des articles 7
>> et 8, qui légitiment les mesures techniques de protection (DRM), ont
>> également été adoptées. Aucun des amendements de l'opposition les
>> concernant n'ont été acceptés, malgré le soutien de certains députés
>> UMP, comme Christine Boutin ou Alain Suguenot. À 18 heures, les
>> députés entamaient la discussion de l'amendement 9, censé créer un
>> collège de médiateurs chargé de définir le nombre de copies autorisées
>> via ces DRM. Avec une question cruciale: faut-il permettre ou non la
>> copie des DVD?
>>
>> Source :
>> http://www.zdnet.fr/actualites/inter...9330939,00.htm

>
> Nombre de copies = zéro. Donc c'est interdiction de copier un DVD.
>
>


En effet. Mais si la copie est interdite, l'extraction en un format
différent (xvid par exemple) est-elle possible ?
De même, il n'est pas précisé DVD Vidéo. L'interdiction de copie
s'adresse-t-elle aussi aux DVD audio, rom, voir les DVDR/W ?

Le texte de la loi porte sur le support mais ne définit pas le contenu.
C'est un flou juridique... intéressant.

--
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Vieux 16/03/2006, 06h22   #4
fiLou
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Par défaut Re: Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées

R.V. Gronoff a formulé ce jeudi :

> Le texte de la loi porte sur le support mais ne définit pas le contenu. C'est
> un flou juridique... intéressant.


Attendons la parution au JO. mdr


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Vieux 16/03/2006, 09h21   #5
Rémy
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Par défaut Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées



>> Nombre de copies = zéro. Donc c'est interdiction de copier un DVD.


Oui.
La copie reste autorisée par la loi (c'est obligatoire pour conserver la
taxe sur les supports vierges) mais le nombre de copies autorisé peut être
de zéro.

>
> En effet. Mais si la copie est interdite, l'extraction en un format
> différent (xvid par exemple) est-elle possible ?


Si le DVD est protégé par un système anti-copie (et anti-extraction), le
fait de contourner ce système sera un délit.

Rémy



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Vieux 16/03/2006, 18h08   #6
R.V. Gronoff
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Par défaut Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées

Rémy a écrit :
>>> Nombre de copies = zéro. Donc c'est interdiction de copier un DVD.

>
> Oui.
> La copie reste autorisée par la loi (c'est obligatoire pour conserver la
> taxe sur les supports vierges) mais le nombre de copies autorisé peut être
> de zéro.
>
>> En effet. Mais si la copie est interdite, l'extraction en un format
>> différent (xvid par exemple) est-elle possible ?

>
> Si le DVD est protégé par un système anti-copie (et anti-extraction), le
> fait de contourner ce système sera un délit.
>


Oui mais non.
Pour rappel, les DVD canadiens sont dépourvus de protection CSS.

--
Virez Ahmadinejad pour me répondre.
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Vieux 16/03/2006, 18h21   #7
Rémy
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Par défaut Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées


"R.V. Gronoff" <regis.gronoff@ahmadinejadifrance.com> a écrit dans le
message de news: 4419a9a2$0$498$626a54ce@news.free.fr...
> Rémy a écrit :


>> Si le DVD est protégé par un système anti-copie (et anti-extraction), le
>> fait de contourner ce système sera un délit.
>>

>
> Oui mais non.
> Pour rappel, les DVD canadiens sont dépourvus de protection CSS.
>


Et ?


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Vieux 16/03/2006, 18h36   #8
fiLou
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Rémy avait prétendu :
> "R.V. Gronoff" <regis.gronoff@ahmadinejadifrance.com> a écrit dans le message
> de news: 4419a9a2$0$498$626a54ce@news.free.fr...
>> Rémy a écrit :

>
>>> Si le DVD est protégé par un système anti-copie (et anti-extraction), le
>>> fait de contourner ce système sera un délit.
>>>

>>
>> Oui mais non.
>> Pour rappel, les DVD canadiens sont dépourvus de protection CSS.
>>

>
> Et ?


Tu va devoir revendre ton home cinéma tout en 1, parce qu'il ne sera
pas compatible avec les nouveaux dvd.

mdr


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Vieux 16/03/2006, 18h53   #9
R.V. Gronoff
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Par défaut Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées

fiLou a écrit :
> Rémy avait prétendu :
>> "R.V. Gronoff" <regis.gronoff@ahmadinejadifrance.com> a écrit dans le
>> message de news: 4419a9a2$0$498$626a54ce@news.free.fr...
>>> Rémy a écrit :

>>
>>>> Si le DVD est protégé par un système anti-copie (et
>>>> anti-extraction), le fait de contourner ce système sera un délit.
>>>>
>>>
>>> Oui mais non.
>>> Pour rappel, les DVD canadiens sont dépourvus de protection CSS.
>>>

>>
>> Et ?

>
> Tu va devoir revendre ton home cinéma tout en 1, parce qu'il ne sera pas
> compatible avec les nouveaux dvd.
>
> mdr
>
>


De toutes façon le DVD est techniquement obsolète. C'est une technologie
du siècle (voire du millénaire) passé.
Le HDDIVX par exemple est une technologie bien plus performante et,
jusqu'à plus ample informé, la dadvsi n'interdit pas sa copie et sa
distribution.

--
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Vieux 16/03/2006, 22h10   #10
Charlie
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Par défaut Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées

Rémy wrote:

> Si le DVD est protégé par un système anti-copie (et anti-extraction), le
> fait de contourner ce système sera un délit.
>
> Rémy


Et donc des entreprises françaises comme Mandriva risquent de se
retrouver soit dans l'illégalité, si elles contiennent des applicatifs
dans leur distrib'permettant de lire des DVD; soit de ne plus offrir
cette possibilité, ce qui va accroître le monopole des OS propriétaires
(Microsoft et Mac Os) si l'on considère que le grand public ne trouvera
pas d'intérêt à choisir du Linux s'il ne disposera pas d'une machine
multimedia livrée clé en main.
Restera toujours la possibilité de faire comme les américains (exemple
Fedora Core), de distribuer sans logiciels multimedia et de conseiller
de télécharger les plugins dans les pays où s'est permis.

Charlie

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Vieux 18/03/2006, 20h46   #11
Zozo
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Par défaut Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées

Questions :

Peut-on avoir la liste des députés qui ont voté cette saloperie ?
Y a t'il moyen de limiter la casse en écrivant à son sénateur ?

Zozo, écoeuré et qui se mord les doigts de s'être déplacé au 2ème tour en
2002.


"Charlie" <cnestel@free.fr> a écrit dans le message de news:
44185ae8$0$18257$636a55ce@news.free.fr...
> Mercredi 15 mars, en fin d'après-midi, les dispositions des articles 7 et
> 8, qui légitiment les mesures techniques de protection (DRM), ont
> également été adoptées. Aucun des amendements de l'opposition les
> concernant n'ont été acceptés, malgré le soutien de certains députés UMP,
> comme Christine Boutin ou Alain Suguenot. À 18 heures, les députés
> entamaient la discussion de l'amendement 9, censé créer un collège de
> médiateurs chargé de définir le nombre de copies autorisées via ces DRM.
> Avec une question cruciale: faut-il permettre ou non la copie des DVD?
>
> Source :
> http://www.zdnet.fr/actualites/inter...9330939,00.htm



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Vieux 18/03/2006, 21h44   #12
dwarfpower
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Par défaut Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées

Le texte est en procedure d'urgence.
SI le senat adopte le texte a l'identique il passe
si il le modifie, le gouvernement peut convoquer un comission mixte
paritaire pour rédiger un nouveau texte qui devra etre adopte par les
deux assemblees.
Le gouvernement n'est cependant pas oblige de convoquer cette
commsission, il peut laisser la navette continuer, dans ce cas le texte
pourrait retourner a l'essemblee.

RDDV a dit en seance a l'assemblee qu'il ne convoquerait pas la CMP en
cas de texte fortement different entre assemblee et senat.
donc vous pouvez tout a fait contacter votre senateur.

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Vieux 18/03/2006, 22h38   #13
Jean-Yves Bernier
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R.V. Gronoff <regis.gronoff@ahmadinejadifrance.com> wrote:

> De toutes façon le DVD est techniquement obsolète. C'est une technologie
> du siècle (voire du millénaire) passé.


Voila la démonstration que le consommateur creuse sa tombe.

Vous ne voule pas voire que derrière cette obsolescence au pas
de charge à laquelle vous contraint votre soif de consommation,
se cache une stratégie de dépossession.

Car chaque nouveau gagdet sera un peu plus criblé de restrictions
qui feront de vous son locataire et de l'industrie des loisirs son vrai
propriétaire.

Avez-vous déjà vu une platine lecteur de CD vous afficher une licence
absconse, vous obliger à cliquer "j'accepte" ou vous interdire d'écouter
votre CD? Non, tant que votre CD est estampillé "Compact Disc", sinon il
y a tromperie sur la marchandise.

Vous allez tuer cette technologie parcequ'on vous dit qu'elle est
dépassée, et vous répétez comme un mouton qu'elle est dépassée,
pour vous engager dans des machins qui téléphonent à leur maître,
décident pour vous de ce que vous pouvez écouter, quand et comment.

Si cela n'était pas clair pour tout le monde, les récents faux-pas en
matière d'atteinte à la vie privée (RealPlayer phone home), de sécurité
informatique (Sony rootkit) devraient amplement démontrer à tout un
chacun qu'accepter de mettre un fil à la patte à son magnétophone,
son magnétoscope, sa platine, sa télévision, est aussi en perdre le
contrôle.

Et qu'une saine décision est de couper ce fil en privilégiant les
technologies exemptes de ces pestes.

Mais non. Vous allez pousser le CD sur la voie de garage, qui ne sera
plus qu'un truc d'audiophile snob, pour vous jeter tête baissée sur des
formats infestés de restrictions, revoquables à souhait et à distance
(renseignez-vous sur la "révocation-list" des périphériques HDCP, et si
vous n'êtes pas encore au courant sachez que votre écran HD peut être
mis hors fonction à distance s'il figure sur cette fameuse liste).

Vous en voulez? Mangez-en. Mais ne venez pas vous plaindre.
On vous a prévenu que c'était moisi.


--
Jean-Yves Bernier <http://www.pescadoo.net/>
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Vieux 18/03/2006, 22h44   #14
R.V. Gronoff
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Par défaut Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées

Jean-Yves Bernier a écrit :
> R.V. Gronoff <regis.gronoff@ahmadinejadifrance.com> wrote:
>
>> De toutes façon le DVD est techniquement obsolète. C'est une technologie
>> du siècle (voire du millénaire) passé.

>
> Voila la démonstration que le consommateur creuse sa tombe.
>
> Vous ne voule pas voire que derrière cette obsolescence au pas
> de charge à laquelle vous contraint votre soif de consommation,
> se cache une stratégie de dépossession.
>
> Car chaque nouveau gagdet sera un peu plus criblé de restrictions
> qui feront de vous son locataire et de l'industrie des loisirs son vrai
> propriétaire.
>


Je me suis renseigné depuis et c'est vrai, le HD, ça craint. :-(

--
Virez Ahmadinejad pour me répondre.
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http://bluedusk.blogspot.com/
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Vieux 18/03/2006, 23h30   #15
Charlie
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Par défaut Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées

Jean-Yves Bernier wrote:
> R.V. Gronoff <regis.gronoff@ahmadinejadifrance.com> wrote:
>
>
>>De toutes façon le DVD est techniquement obsolète. C'est une technologie
>>du siècle (voire du millénaire) passé.

>
>
> Voila la démonstration que le consommateur creuse sa tombe.


Je considère également le CD estamplillé "Compact Disc" est dépassé,
même si dans le même temps je souscris totalement à votre analyse sur
chaque nouveau gadget nous dépossède un peu de plus de notre liberté au
profit des marchands de loisirs.

L'obsolescence du CD estamplillé "Compact Disc" relève d'une logique qui
ne relève pas uniquement d'une analyse en terme de nouveau gadget.

La création artistique dépend aussi de son contexte technologique.
Par exemple l'écriture théâtrale, sa décomposition en scènes et en
actes, était déterminée par la durée de combustion d'une bougie. De même
pour ma génération qui a grandi au rythme de l'histoire du rock and
roll, la durée d'un morceau de rockabilly était conditionnée par les
faces d'un 45 tours. Si nous en étions restés au 78 tours, et si nous
n'avions pas bénéficié de l'invention du transistor, peut-être
n'aurions-nous jamais connu le rock and roll.
De même, c'est grâce à l'arrivée du 4 pistes, qu'est né le concept
d'album avec Sergent Pepper's Lonely Hearts Club Band et les beach boys.
Dans le même temps se démocratisait l'écoute stéréophonique.

Ce que j'écris n'a rien d'original, Mac Luhan l'a déjà écrit en 1962
dans Penser les médias.

Le passage du disque vinyle au Compact Disc n'a été accompagné d'aucune
création musicale. L'industrie du disque s'est contentée de garder
l'ancien format, où les artistes racontaient une histoire sur tout un
album, pour le stocker sur un CD.

L'industrie du disque n'a pas su ou n'a pas voulu voir, en termes de
création, la révolution numérique pour nous refourguer du packaging
désincarné.

La création musicale qui dans l'histoire du rock and roll avait
accompagné les technologies du son et du stockage du son ne s'est plus
faite avec l'industrie du disque.

Qu'on pense par exemple, au début du RAP et de la techno, fondés tous
deux sur un beat commun et du sampling, du recyclage, de la fusion, du
copier/coller nécessitant de repenser autrement la propriété
intellectuelle, les emprunts, les influences et les partages.

Les premières raves techno ont préfiguré la quadriphonie qui est entrée
dans les appartements avec le DVD (du côté propriétaire) et le ogg
vorbis du côté du libre.
Dans les raves on a assisté à une rupture d'avec la musique frontale, où
le public est face à la sono et aux musiciens, avec là au contraire une
spatialisation du son.
On a aussi vécu des durées plus longues que celle d'un simple album,
durée pouvant s'échelonner sur toute une nuit et même jusqu'au lendemain
matin, que les bons Dj's racontaient en mixant et en interaction avec le
public.
Dans le même temps les gens ont commencé à stocker de la musique sur des
disques durs, sur d'autres supports, et des formats permettant de
stocker sur plusieurs heures ont commencé à émerger.

La première fois que j'ai découvert le MP3 c'était à l'occasion d'une
fête chez mes anciens élèves de Saint-Denis. J'était stupéfait, au lieu
d'avoir apporté une valise de disques, celui qui avait été chargé de
s'occuper de la musique de la soirée avait apporté un seul CD et tout
préparé pour toute la soirée.

Quand est apparu le téléchargement et le P2P ce qui a intéressé les gens
ce n'était pas de recopier un album en entier (album qui n'était plus
qu'un concept de stockage) mais de mixer sur une durée plusieurs
musiques pour recréer une ambiance selon des moments, par exemple : le
transport en commun.

Et avec cette loi de merde DADVSI c'est tout un dispositif de création
culturelle que l'industrie du disque essaye d'étouffer.

C'est aussi en ce sens que le DADVSI va apparaître pour les gens qui
avaient pris d'autres manières de vivre la musique : hyper-violent. Car
on veut les ramener dans un formatage que l'industrie peut contrôler.

En fait elle vient de se suicider.


Cordialement Charlie

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Vieux 18/03/2006, 23h31   #16
Charlie
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Hébergeur:
Par défaut Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées

R.V. Gronoff wrote:
> Jean-Yves Bernier a écrit :
>
>> R.V. Gronoff <regis.gronoff@ahmadinejadifrance.com> wrote:
>>
>>> De toutes façon le DVD est techniquement obsolète. C'est une technologie
>>> du siècle (voire du millénaire) passé.

>>
>>
>> Voila la démonstration que le consommateur creuse sa tombe.
>>
>> Vous ne voule pas voire que derrière cette obsolescence au pas
>> de charge à laquelle vous contraint votre soif de consommation, se
>> cache une stratégie de dépossession.
>>
>> Car chaque nouveau gagdet sera un peu plus criblé de restrictions qui
>> feront de vous son locataire et de l'industrie des loisirs son vrai
>> propriétaire.
>>

>
> Je me suis renseigné depuis et c'est vrai, le HD, ça craint. :-(
>


Des DRM partout.
  Réponse avec citation
Vieux 19/03/2006, 07h27   #17
Didier Cuidet
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Hébergeur:
Par défaut Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées

Le Wed, 15 Mar 2006 19:20:46 +0100, dans fr.education.divers, Charlie
<cnestel@free.fr> a écrit :

> Mercredi 15 mars, en fin d'après-midi, les dispositions des articles 7
> et 8, qui légitiment les mesures techniques de protection (DRM), ont
> également été adoptées.


Bravo !

--
DC
Débuts dans les groupes -> <news:fr.bienvenue>
Pour en savoir plus -> <url:http://www.usenet-fr.net>
Rédiger agréablement -> <url:http://www.giromini.org/usenet-fr/repondre.html>
  Réponse avec citation
Vieux 19/03/2006, 08h38   #18
Charlie
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Par défaut Re:

Didier Cuidet wrote:
> Le Wed, 15 Mar 2006 19:20:46 +0100, dans fr.education.divers, Charlie
> <cnestel@free.fr> a écrit :
>
>
>>Mercredi 15 mars, en fin d'après-midi, les dispositions des articles 7
>>et 8, qui légitiment les mesures techniques de protection (DRM), ont
>>également été adoptées.

>
>
> Bravo !
>


Facho !
  Réponse avec citation
Vieux 19/03/2006, 11h18   #19
DANIEL
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Hébergeur:
Par défaut Re:

Cuidet wrote:
> Le Wed, 15 Mar 2006 19:20:46 +0100, dans fr.education.divers, Charlie
> <cnestel@free.fr> a écrit :
>
>
>>Mercredi 15 mars, en fin d'après-midi, les dispositions des articles 7 et
>>8, qui légitiment les mesures techniques de protection (DRM), ont
>>également été adoptées.

>
>
> Bravo !
>


Facho !
Je dirais même mieux:
MOUTON EGOÏSTE § AVEUGLE
"Charlie" <cnestel@free.fr> a écrit dans le message de news:
441d1888$0$18986$626a54ce@news.free.fr...
> Didier Cuidet wrote:
>> Le Wed, 15 Mar 2006 19:20:46 +0100, dans fr.education.divers, Charlie
>> <cnestel@free.fr> a écrit :
>>
>>
>>>Mercredi 15 mars, en fin d'après-midi, les dispositions des articles 7 et
>>>8, qui légitiment les mesures techniques de protection (DRM), ont
>>>également été adoptées.

>>
>>
>> Bravo !
>>

>
> Facho !



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Vieux 19/03/2006, 12h46   #20
Florence HENRY
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Hébergeur:
Par défaut Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRMadoptées

Didier Cuidet <d.cuidet+spam@alussinan.org> wrote:

> > Mercredi 15 mars, en fin d'après-midi, les dispositions des articles 7
> > et 8, qui légitiment les mesures techniques de protection (DRM), ont
> > également été adoptées.

>
> Bravo !


Mais encore ?

Tu es un industriel qui produit de tels dispositifs ou bien tu as de
réels arguments sur le bien-fondé de cette nouvelle loi ?

--
Florence Henry
florence point henry arobasse obspm point fr
  Réponse avec citation
Vieux 19/03/2006, 23h28   #21
Jean-Yves Bernier
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Hébergeur:
Par défaut Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRMadoptées

Charlie <cnestel@free.fr> wrote:

[Beaucoup de choses vraies que je coupe par soucis d'alléger, sauf]

> Je considère également le CD estamplillé "Compact Disc" est dépassé,


Vous achetez souvent des oeuvres musicales de plus d'une heure?

Pacequ'au-delà d'une heure, pardonnez-moi mais on s'emmerde.
A part à l'opéra ou au cinéma, mais il y a du visuel.

Le CD n'est pas dépassé en tant que support de distribution des oeuvres.

Il est dépassé en tant que support de compilation, et de diffusion sans
manipulation. Ce n'est pas la mission de l'industrie du disque.

A en juger par le succès de l'achat au titre, c'est plutôt vers une
baisse de la durée vendue que nous allons, c'est-à-dire un retour
au 45 tours.

En fait, l'industrie du disque s'est condamnée à cette situation en
vous pressant de passer au CD. Car la copie illimitée était déjà là
en puissance, même s'il était difficile de prédire l'augmentation
vertigineuse des capacités informatiques pour en faire une réalité.

Elle essaie maintenant de fermer la brèche qu'elle a ouverte.

L'action est hyper-violente, c'est vrai, car c'est la possession de
l'oeuvre qui est en cause. Elle veut ne vous concéder qu'un droit
d'exécution, contrôlable et révocable.

Ce qui est infiniment déplorable c'est que, pour y arriver, elle plombe
régulièrement l'industrie de l'informatique avec ses exigences et ses
taxes. On le voit bien avec l'affaire Sony : votre ordinateur leur
appartient. C'est une ingérence inadmissible.

Votre set-top (décodeur, magnéto tv) appartient aussi à votre câblo
distributeur. Il est à ses ordres et si vous avez lu mes précédentes
références, il efface tout contenu vieux de plus d'une heure. Nous
allons vers le «perpetual copyright». Payez pour rejouer.

C'est d'une grande violence (compte tenu de la culture d'appropriation
des oeuvres que nous avons développé), mais c'est aussi extrêmement
simple à déjouer. Il suffit de couper de maudit fil à la patte. Quand
vous achetez un machin audio-visuel avec prise Ethernet, vous vous
enchaînez.

On ne peut pas s'enchaîner et en même temps crier au viol.

Le CD n'a pas ce fil a la patte. La TV hertzienne n'a pas ce fil à la
patte. Le magnétophone/scope (numérique s'entend) n'a pas ce fil à la
patte. Mais pensez donc, pouah, c'est ringard, je n'ai pas 120 chaînes
et 300 heures de musique. Je me demande quelquefois comment les gens
pour absorber tout ce volume sans tomber malade d'indigestion.


> Et avec cette loi de merde DADVSI c'est tout un dispositif de création
> culturelle que l'industrie du disque essaye d'étouffer.


Elle essaie surtout de ramasser un max de pépètes, comme pour la taxe
sur les bandes, comme pour la possible taxe sur les liaisons Internet.

Elle essaie de ramasser un max de pépètes en les piquant en-dehors de
son métier, légitimée en cela que le consommateur a consacré l'identité
informatique = tourne-disque/visionneuse.

Faut pas oublier que c'est lui, le consommateur, qui a les pépètes et
qui décide où il les mets. S'il les a mises dans la gueule du loup, tant
pis pour lui. Si demain il arrête d'acheter du DRMIsé, y'a plus de
DADVSI.



--
Jean-Yves Bernier <http://www.pescadoo.net/>
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Vieux 20/03/2006, 19h55   #22
Charlie
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Par défaut Re: Projet Dadvsi: les dispositions sur les DRM adoptées

Jean-Yves Bernier wrote:


> Vous achetez souvent des oeuvres musicales de plus d'une heure?
>
> Pacequ'au-delà d'une heure, pardonnez-moi mais on s'emmerde.
> A part à l'opéra ou au cinéma, mais il y a du visuel.


Je ne suis sur ce point là pas tout à fait d'accord avec vous, même si
je partage la philosophie générale de votre pensée.

Au delà d'une heure d'écoute je ne m'emmerde pas forcément. Bien au
contraire. C'est l'une des raisons pour laquelle j'avais fait
l'acquisition d'un "archos" pour voyager dans le train, le car, etc...

Je suppose que je ne dois pas être le seul dans ce cas là.

J'ai des amis, par exemple, qui utilisaient leur "archos" pour le
brancher sur leur autoradio, chacun d'entre eux avec des procédés
différents d'ailleurs, pour les accompagner sur de longs trajets.

Et je ne crois pas être le seul à n'écouter pratiquement aucune musique
qui se diffuse aussi bien sur les radios, qu'à la télévision. Ce serait
davantage cette musique là qui m'ennuie.

Lorsque j'ai découvert la techno, il y a une quinzaine d'années, ce qui
m'avait le plus surpris, c'était l'organisation sociale et la magie
qu'il y avait derrière. Par exemple des amis qui venaient pour certains
d'entre eux de l'univers Amiga fabriquaient de la musique
électroacoustique dans des caves, des garages, transformés en véritables
labos. Et lorsqu'on se retrouvait ensemble dans des raves organisées par
d'autres amis, ils étaient les premiers surpris de voir que la même
musique qu'ils avaient composée dans un cadre coupé du monde, était
transformée par des DJ's qu'ils ne connaissaient même pas, mixée, et sur
laquelle dansaient des milliers de gens.

A cette époque, comme au début du RAP en Seine Saint-Denis d'ailleurs,
hormis les vinyles qui servaient de matière première, on ne trouvait
nulle part sur le marché de la musique techno. Ca circulait sur des K7
et j'étais prêt à acheter tout ce que je pouvais trouver sur des
compacts disc.

La techno n'était pas une musique destinée à des faire des albums et des
compacts discs.

J'étais sûr que l'on était rentré dans l'ère du sampling et de
l'interactivité.

Ca fusait de partout.

Je me souviens en particulier d'Atau Tanaka, un japonais américain, qui
avait détourné un dispositif conçu pour des handicapés, BioMuse, qu'il
avait couplé avec un sampleur. Par l'intermédiare de capteurs disposés
sur son bras et son buste, il générait des sons émanant de l'intériorité
du corps, de ses pulsations musculaires. Le corps, l'intériorité du
corps, était devenu un instrument de musique.
Je me souviens d'une fois, en hommage à Pascal et Christine, du groupe
des Virtualistes qui venaient d'organiser une expo intitulée voyages
virtuels, Atau avait organisé une performance dans son loft.

Il jouait du Hendrix. Son corps était la guitare.

J'étais sûr qu'une nouvelle révolution musicale et psychédélique était
en marche.

Ensuite, Freddy (qui organisa par la suite les plus grosses raves en
région parisienne) avait organisé, toujours en hommage aux Virtualistes,
une fête dans une champignonnière. J'ai vu des DJ's technos entrer en
interaction avec des mucicos industriels irlandais qui avaient dans leur
groupe des binious.

A cette époque les gens étaient à la recherche de sons nouveaux, des
musiques de transe des Gnaoua du sud Marocain, en passant par des chants
amérindiens ou d'aborigènes d'Australie, le tout mixé avec de la musique
électroacoustique et des samples de rock and roll.

J'avais moi-même organisé une expo qui s'appelait hyperception où une
chanteuse lyrique d'Opéra entrait, par vocalises, en interaction avec un
clavier qui balançait des nappes techno, et un groupe de musique
industrielle. Pendant ce temps là, un couple adepte d'un art martial -
le shintaïdo- éxécutait une figure intitulée "danse avec la lumière".
Les gens dans la salle pleuraient, tant il y avait de l'amour, tant tous
ces artistes issus d'univers différents avaient réussi, l'espace d'un
instant, à fusionner, à s'écouter et à interagir.

Je pense avoir vécu les mêmes émotions la première fois que j'ai écouté
du rock and roll, tant cette musique entrait en rupture avec tout ce
qu'on avait entendu jusque là.

Et lorsque j'ai découvert le P2P, c'est les émotions de mon enfance que
j'ai cherché à retrouver, pas de la musique en boîte, packagée, des
trucs qu'on ne trouve plus nulle part dans le commerce : Vince Taylor,
les chaussetes noires en interaction avec Maurice Chevalier, John Lennon
accompagné par les stones, les stones en train de répéter et jouer des
fausses notes, Dominique Grange en train de chanter l'hymne de la Gauche
prolétarienne "Nous sommes les nouveaux partisans", etc...

C'est ça que les gens venaient principalement chercher sur le P2P, pas
des albums, pas du packaging.

Et si ces néo-féodaux de la musique propriétaire avaient été
intelligents, ils se seraient faits des couilles en or, en proposant à
l'image de l'économie du logiciel libre : des services ; des compiles
dédiées à des moments précis, des mômes qui veulent organiser une teuf,
de la musique à thème, etc... et etc...

Au lieu de ça on a une régression sans précédent, du mauvais ready made,
du recyclage marchand.

Qu'on ne vienne pas nous parler des auteurs !

La musique que j'aime, qui vient de là qui vient du blues, les auteurs
n'ont pas touché un rond. Hendrix n'a rien touché, les Stones première
période non plus et se sont faits entubés.

La musique ça fonctionne sur de l'échange avec autrui, sur un mode
initiatique où quelqu'un qu'on aime, un flirt, un amour fou, des amis,
vous font partager leur goût.

Sans cet échange il n'y a plus de magie. C'est du packaging, de l'art mort.


> Le CD n'est pas dépassé en tant que support de distribution des oeuvres.


Le CD pour moi c'est du stockage qui prend de la place. Les centaines de
CD que j'ai dû m'acheter je ne les écoute plus, ou excessivement rarement.
Je suis tellement feignace que je me téléchargeaix ce que j'avais déjà
en CD, pour ne pas avoir à faire le sale boulot de convertir en MP3
et/ou en Ogg Vorbis et pouvoir créer mes propres compiles.

Et la place, les objets encombrants c'est l'un des problèmes de notre
société.
Quand l'Encyclopédia Universalis est sort en cédérom, j'ai été ravi de
me débarasser des volumes papier qui m'encombraient en termes de mètres
linéaires.
Pour moi le cédé c'est mort, sauf les albums du passé, parce qu'ils
étaient en adéquation avec leur temps et conçus artistiquement pour
créer des albums.
Mais quel intérêt de créer aujourd'hui des albums ?
Cette unité de temps n'a plus lieu d'être, on peut créer sur d'autres
durées.


>
> Il est dépassé en tant que support de compilation, et de diffusion sans
> manipulation. Ce n'est pas la mission de l'industrie du disque.



Oui, mais cette industrie là est morte, tout comme sont mortes les
grosses industries tayloriennes. Seuls l'art et l'artisanat perdureront
et perdureront encore.

>
> A en juger par le succès de l'achat au titre, c'est plutôt vers une
> baisse de la durée vendue que nous allons, c'est-à-dire un retour
> au 45 tours.


Oui, bien sûr en termes de segments de marché. Tout comme la musique de
sonneries pour téléphones portables.
Mais les supports de ce type de musique ça reste les médias classiques
de type radio ou télévision. C'est de la musique que l'on diffuse, ce
n'est pas de la musique interactive qui produit des phénomènes culturels
comme le fut en son temps le RAP où tous les mômes de banlieue se
prenaient pour des poètes et signaient leurs devoirs, en plus de leur
nom, prénom, classe, par des pseudos accompagnés d'une dédicace :
"Prince M-Widi, le poète des années quatre-vingt-dix".


> En fait, l'industrie du disque s'est condamnée à cette situation en
> vous pressant de passer au CD. Car la copie illimitée était déjà là
> en puissance, même s'il était difficile de prédire l'augmentation
> vertigineuse des capacités informatiques pour en faire une réalité.


Permets-moi d'apprécier. Superbe phrase.
Je rajouterai (en écrivant malheureusement pas aussi bien que toi) ceci :
Un DVD ça peut durer deux ans. Donc les investisseurs peuvent se
permettre de garder du stock, en ce que le cycle de vie du produit DVD
est plus long que le cycle de vie d'un cédé qui n'est parfois que de
quelques semaines.
L'industrie du disque en voulant continuellement renouveler les effets
de tendance a elle-même scier la branche sur laquelle elle était assise.

C'est ça aussi leur problème.

En raccourcissant l'espace/temps on se heurte au temps réel du numérique.


> Elle essaie maintenant de fermer la brèche qu'elle a ouverte.


Et comment ?

En voulant imposer, contrôler, par des diktats culturels.


>
> L'action est hyper-violente, c'est vrai, car c'est la possession de
> l'oeuvre qui est en cause. Elle veut ne vous concéder qu'un droit
> d'exécution, contrôlable et révocable.


Oui. On se rapproche d'une logique à la Microsoft, où le produit réel
c'est la licence en récréant artificiellement de la rareté.


>
> Ce qui est infiniment déplorable c'est que, pour y arriver, elle plombe
> régulièrement l'industrie de l'informatique avec ses exigences et ses
> taxes. On le voit bien avec l'affaire Sony : votre ordinateur leur
> appartient. C'est une ingérence inadmissible.


Et oui... Cette attaque frontale, brutale, contre le logiocie libre
m'est insupportable.
A la limite la licence globale, j'en avais rien à foutre.
De même que j'en ai rien à foutre que se créent des réseaux de diffusion
de musiques propriétaires.
C'est un monde qui ne m'intéresse pas. C'est pareil que copier des
logiciels propriétaires, ça maintient la domination.
Et les connards qui veulent de la merde packagée n'ont qu'à payer.
D'ailleurs libre ne veut pas dire gratuit. Et je fais partie des gens
qui sont prêts (et je l'ai déjà fait) à filer leur pognon pour la
musique libre.

Mais ces lobbies veulent tout dominer. Je suis en guerre totale contre
eux, non pas parce que leurs produits culturels dont je me bats les
couilles m'intéresse, mais parce qu'ils sont prêts à tout détruire et en
particulier les logiciels libres, pour asseoir leur monopole total sur
la culture.



> Votre set-top (décodeur, magnéto tv) appartient aussi à votre câblo
> distributeur. Il est à ses ordres et si vous avez lu mes précédentes
> références, il efface tout contenu vieux de plus d'une heure. Nous
> allons vers le «perpetual copyright». Payez pour rejouer.


Et oui. Et pendant ce temps là, les mômes qui produisent de la musique
ne peuvent se produire nulle part, parce qu'il y a de moins en moins de
lieux où l'on peut participer à des fêtes, se rencontrer, et écouter de
la musique vivante.

A l'image des Monsanto pour les graines, des brevets logiciels, de
l'économie de rente, c'est une lutte à mort qui se mène sans merci entre
le travail socialement mort et l'art vivant, le travail socialement vivant.

Ce perpétuel copyright, c'est un retour à une logique féodale que l'on
croyait détruite par la révolution bourgeoise.



> C'est d'une grande violence (compte tenu de la culture d'appropriation
> des oeuvres que nous avons développé), mais c'est aussi extrêmement
> simple à déjouer. Il suffit de couper de maudit fil à la patte. Quand
> vous achetez un machin audio-visuel avec prise Ethernet, vous vous
> enchaînez.


Même si tu as entièrement raison, nous devrons trouver des solutions
alternatives avec prises Ethernet.


>
> On ne peut pas s'enchaîner et en même temps crier au viol.


Il ne s'agit pas de s'enchaîner. Au contraire !


>
> Le CD n'a pas ce fil a la patte. La TV hertzienne n'a pas ce fil à la
> patte. Le magnétophone/scope (numérique s'entend) n'a pas ce fil à la
> patte. Mais pensez donc, pouah, c'est ringard, je n'ai pas 120 chaînes
> et 300 heures de musique. Je me demande quelquefois comment les gens
> pour absorber tout ce volume sans tomber malade d'indigestion.


Sur le fond, je suis entièrement d'accord avec toi. Surtout à la lumière
de la fameuse phrase de Guy Debord : "Nous ne voulons pas travailler au
spectacle de la fin du monde mais à la fin du monde du spectacle".

Mais sur le CD je ne peux pas être d'accord avec toi. Ca prend de la
place, ça bouffe de l'espace. Et je refuse de renoncer à ma liberté.
Cela étant dit, bien sûr que j'en ai strictement rien à foutre d'avoir
120 chaînes.




>>Et avec cette loi de merde DADVSI c'est tout un dispositif de création
>>culturelle que l'industrie du disque essaye d'étouffer.

>
>
> Elle essaie surtout de ramasser un max de pépètes, comme pour la taxe
> sur les bandes, comme pour la possible taxe sur les liaisons Internet.


C'est pour ça que je ne pouvais pas soutenir la licence globale. Elle
participait du même mouvement. Mais je ne pouvais pas non plus (hormis
sur la liste de mon assoce APRIL) l'attaquer publiquement.

>
> Elle essaie de ramasser un max de pépètes en les piquant en-dehors de
> son métier, légitimée en cela que le consommateur a consacré l'identité
> informatique = tourne-disque/visionneuse.


Mais c'est aussi une machine multi et hypermedia.
Regarde la distribution Fedora aux Etats-Unis. Comment veux-tu demander
au grand public d'opter pour un OS libre s'il ne peut pas avec écouter
de la musique ou visionner des films ?

L'intérêt des distributions comme Aurox (que j'ai découvert chez mes
anciens élèves de Seine Saint-Denis) c'est que ça permet d'avoir clé en
main une machine multimedia sous Linux (Aurox étant une distribution
GNU/Linux Polonaise avec les plugins idoines basée sur une Fedora,
puiqu'en Pologne les informaticiens peuvent distribuer légalement du
Linux, contrairement aux Etats-Unis, avec les logiciels qui permettent
d'écouter de la zik et de voir des films et surtout les monter.
Entre parenthèses, pourquoi certains mômes de banlieue se sont-ils
tournés vers des distribs Linux comme Aurox ou Dynebolic ?
Tout simplement à la suite de l'achat d'un camescope MiniDV !
En effet, pour monter des films de leur progéniture, il leur fallait
passer par Linux pour encoder directement via le port fire wire leur
miniDV vers un disque dur en disposant ensuite de logiciels de montage
vidéo dans un format acceptable.

Donc, pour une partie des gens qui ne sont informaticiens, disposer
d'une machine libre multimedia c'est important.


>
> Faut pas oublier que c'est lui, le consommateur, qui a les pépètes et
> qui décide où il les mets. S'il les a mises dans la gueule du loup, tant
> pis pour lui. Si demain il arrête d'acheter du DRMIsé, y'a plus de
> DADVSI.


1000 fois d'accord !!!

En tant que prof de collège mon souci c'est que tous les vidéogrammes
libres de droit pour l'éducation (ceux du réseau Canal U ou ceux de
l'Onisep sur les métiers) sont diffusés en streaming Real Player ou
Windows Media Player.
Certes grâce au député Carayon qui a su faire accepter par les membres
son Parti (l'UMP) un remaniement de l'Article 7, Videolan restera légal
et le principe de l'interopérabilité est sauvé, mais je suis partisan de
lancer une campagne pour exiger des pouvoirs publics qui financent des
vidéogrammes, notamment pour l'éducation, le fassent dans un format ouvert.

L'intérêt de l'ethernet, par exemple, dans un établissement scolaire,
c'est de pouvoir individualiser sur des ordinateurs et non pas
collectivement sur un téléviseur, la vision de films, par exemple, sur
des métiers.

Amicalement Charlie
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